l'amendement n° 851 du Gouvernement à l'article 8 (examen prioritaire) de la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic (première lecture).
De quoi il s'agit
Sur quoi porte ce vote
Un amendement — une modification proposée à un texte en cours d'examen. Il porte le n° 851 et modifie l'article 8.
Ce que l'amendement propose
Le présent amendement tire les conséquences de la délibération rendue le 13 mars 2025 par la Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement (CNCTR).
Première phrase de l'exposé, citée telle quelle — son auteur n'y annonce pas son intention en toutes lettres.
Ce qui a été décidé
Adopté — l'amendement a été intégré au texte.
Le présent amendement tire les conséquences de la délibération rendue le 13 mars 2025 par la Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement (CNCTR).
Lire l'exposé complet (604 mots)
Le présent amendement tire les conséquences de la délibération rendue le 13 mars 2025 par la Commission Nationale de Contrôle des Techniques de Renseignement (CNCTR).
La commission définit la notion de narcotrafic comme pouvant désigner le trafic de stupéfiant de portée transnationale, appréhendée dans sa globalité en ce qu’il a pour corollaire une violence exacerbée et génère des gains financiers très importants. Elle en conclut qu’en « l’état du droit positif français, pourraient dès lors relever du champ du narcotrafic les trafics de stupéfiants structurés et organisés et les infractions connexes, notamment les trafics d’armes et d’explosifs, les blanchiments et associations de malfaiteurs y afférents, voire les crimes d’atteintes aux personnes, dès lors qu’ils s’insèrent dans la finalité 6° ».
S’agissant de la proposition d’étendre l’algorithme aux infractions relevant de la finalité 6° de l’article L. 811-3 du CSI qui sont en lien avec le nacrotrafic, la Commission souligne qu’il « n’est guère contestable que -ces infractions- font peser un risque particulier sur la cohésion nationale et la stabilité des institutions ». En cela, l’extension envisagée « peut être regardée comme justifiée par la finalité poursuivie et suffisamment circonscrite pour permettre à la CNCTR de s’assurer de la proportionnalité des atteintes au droit au respect à la vie privée aux motifs qui seront invoqués par les services pour la mise en œuvre d’une technique d’algorithme sur le fondement de la finalité considérée ».
Sur recommandation de la CNCTR, le présent amendement introduit donc le visa de la criminalité et de la délinquance organisées, afin de lever les incertitudes juridiques et pratiques que soulève la rédaction retenue par l’amendement adopté par la commission des lois de l’Assemblée nationale.
Le trafic d’armes et d’explosifs constituent en effet des délits et non des crimes, de même que l’essentiel des infractions de trafic de stupéfiant et blanchiment. Seules la direction de groupement, la production et la fabrication, l’importation et l’exportation en bande organisée illicites de stupéfiants et le blanchiment associé, constituent des crimes. Le visa à la délinquance organisée, sans incidence sur le champ des trafics ciblés dans l’amendement adopté par la commission des lois, permet de couvrir les qualifications utiles et d’éviter toute contradiction juridique qui rendrait la disposition inapplicable.
En rapport avec ces mêmes trafics de stupéfiants, d’armes et d’explosifs, le présent amendement, intègre les infractions douanières prévues au dernier alinéa de l’article 414 du code des douanes, soit les délits de contrebande, d’importation et d’exportation de marchandises prohibées lorsqu’elles sont commises en bande organisée.
A ce sujet, la CNCTR relève que « ces infractions douanières spécifiques ne relèvent en effet pas des dispositions du code pénal relatives au trafic de stupéfiants alors qu’elles semblent pleinement correspondre à la notion de narcotrafic, telle qu’appréhendée dans les conventions internationales et le rapport parlementaire [qui a conduit au dépôt de la présente proposition de loi]. Pour s’assurer de l’extension du champ de l’algorithme à ces infractions douanières, le cas échant, il pourrait être jugé préférable d’adopter une rédaction qui les mentionne explicitement. »
Le Conseil constitutionnel dans sa décision du 23 juillet 2015 a retenu que la finalité de prévention de la criminalité et la délinquance organisées (6° de l’article L.811-3 du CSI) faisait référence aux crimes et délits énumérés à l’article 706-73 du code de procédure pénale ainsi qu’aux délits prévus par l’article 414 du code des douanes commis en bande organisée.
La présente rédaction couvre le continuum d’infractions inhérent au narcotrafic, sous leurs acceptions pénales et douanières, en ciblant les trafics de stupéfiants du « haut de spectre », structurés et organisés, et les infractions connexes que sont le trafic d’armes et d’explosifs, et le blanchiment.
Le texte exact de l'amendement
I. – À la fin de l’alinéa 4, substituer aux mots :
« organisée en tant qu’elles concernent des trafics de stupéfiants, des trafics d’armes et le blanchiment des produits qui en sont issus »,
les mots :
« et la délinquance organisées en tant qu’elles concernent le trafic de stupéfiants, le trafic d’armes et de produits explosifs, la contrebande, l’importation et l’exportation de ces marchandises prohibées commises en bande organisée ainsi que le blanchiment des produits qui en sont issus ».
II. – En conséquence, à la fin de l’alinéa 9, substituer aux mots :
« organisée en tant qu’elles concernent des trafics de stupéfiants, des trafics d’armes et le blanchiment des produits qui en sont issus »,
les mots :
« et la délinquance organisées en tant qu’elles concernent le trafic de stupéfiants, le trafic d’armes et de produits explosifs, la contrebande, l’importation et l’exportation de ces marchandises prohibées commises en bande organisée ainsi que le blanchiment des produits qui en sont issus ».
C'est la rédaction juridique déposée : elle s'écrit en référence aux alinéas du texte examiné, et ne se lit pas seule.
92 pour, 3 contre
Et vous, comment auriez-vous voté ?
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Qui a voté quoi
| Groupe | Répartition | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Effectif |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RNen tête : pour (35 voix exprimées sur 123 membres) | 35 | 0 | 0 | 0 | 123 | |
| EPRen tête : pour (19 voix exprimées sur 94 membres) | 19 | 0 | 0 | 1 | 94 | |
| LFI-NFPen tête : abstention (13 voix exprimées sur 71 membres) | 0 | 0 | 13 | 1 | 71 | |
| SOCen tête : pour (17 voix exprimées sur 66 membres) | 16 | 0 | 1 | 0 | 66 | |
| DRen tête : pour (7 voix exprimées sur 47 membres) | 7 | 0 | 0 | 0 | 47 | |
| ECOSen tête : contre (5 voix exprimées sur 38 membres) | 1 | 3 | 1 | 0 | 38 | |
| DEMen tête : pour (8 voix exprimées sur 36 membres) | 8 | 0 | 0 | 0 | 36 | |
| HORen tête : pour (3 voix exprimées sur 33 membres) | 3 | 0 | 0 | 0 | 33 | |
| LIOT | 0 | 0 | 0 | 0 | 23 | |
| GDR | 1 | 0 | 1 | 0 | 17 | |
| UDRen tête : pour (2 voix exprimées sur 16 membres) | 2 | 0 | 0 | 0 | 16 | |
| NI | 0 | 0 | 0 | 0 | 11 |
Élu par élu
| Député·e | Groupe | Circonscription | Vote |
|---|---|---|---|
| Ugo Bernalicis | LFI-NFP | Nord, 2ᵉ circonscription | Abstention |
| Gabrielle Cathala | LFI-NFP | Val-d'Oise, 6ᵉ circonscription | Abstention |
| Bérenger Cernon | LFI-NFP | Essonne, 8ᵉ circonscription | Abstention |
| Cyrielle Chatelain | ECOS | Isère, 2ᵉ circonscription | Abstention |
| Sophia Chikirou | LFI-NFP | Paris, 6ᵉ circonscription | Abstentionpar délégation |
| Jean-François Coulomme | LFI-NFP | Savoie, 4ᵉ circonscription | Abstention |
| Sébastien Delogu | LFI-NFP | Bouches-du-Rhône, 7ᵉ circonscription | Abstention |
| Aly Diouara | LFI-NFP | Seine-Saint-Denis, 5ᵉ circonscription | Abstention |
| Elsa Faucillon | GDR | Hauts-de-Seine, 1ʳᵉ circonscription | Abstention |
| Mathilde Feld | LFI-NFP | Gironde, 12ᵉ circonscription | Abstention |
| Marietta Karamanli | SOC | Sarthe, 2ᵉ circonscription | Abstention |
| Maxime Laisney | LFI-NFP | Seine-et-Marne, 10ᵉ circonscription | Abstention |
| Claire Lejeune | LFI-NFP | Essonne, 7ᵉ circonscription | Abstention |
| Antoine Léaument | LFI-NFP | Essonne, 10ᵉ circonscription | Abstention |
| Nathalie Oziol | LFI-NFP | Hérault, 2ᵉ circonscription | Abstention |
| Ersilia Soudais | LFI-NFP | Seine-et-Marne, 7ᵉ circonscription | Abstention |
16 député·e·s affiché·e·s sur les 113 que le compte rendu de ce scrutin mentionne. Un vote « par délégation » est exprimé par un collègue, conformément au règlement.
Mises au pointMise au point. Déclaration faite après un scrutin par un parlementaire estimant que son vote a été mal enregistré, ou qu'il aurait voulu voter autrement. Elle est publiée au Journal officiel mais ne modifie jamais le résultat. lexique →
Christian Girard a déclaré après le scrutin avoir voulu voter non-votant — son vote enregistré est « pour ».
Sandra Regol a déclaré après le scrutin avoir voulu voter abstention — son vote enregistré est « contre ».
Ces déclarations sont publiées par l'Assemblée mais ne modifient pas le résultat du scrutin. Elles ne sont donc comptées dans aucun des chiffres de cette page.
Sources de ce scrutin
Compte rendu officiel
Le scrutin tel que publié par Assemblée nationale, nom par nom.
assemblee-nationale.fr ↗Scrutin demandé par
Président du groupe "Ensemble pour la République"
Identifiant
VTANR5L17V1096
Jeu de données « Scrutins » · AN:SCRUTINS
Un scrutin public n'est pas une loi : celui-ci peut porter sur un amendement, une motion ou l'ensemble d'un texte. La plupart des votes de l'Assemblée ont lieu à main levée et ne donnent lieu à aucun décompte nominatif.