l'amendement n° 217 de M. Arnaud Bonnet après l'article 2 du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
De quoi il s'agit
Sur quoi porte ce vote
Un amendement — une modification proposée à un texte en cours d'examen. Il porte le n° I-217 et insère un article après l'article 2.
Ce que l'amendement propose
Elle s’inscrit dans une logique familialiste du système d’aides sociales français qui maintient les jeunes majeurs dans une minorité sociale.
Phrase écrite par l'auteur de l'amendement, citée telle quelle.
Ce qui a été décidé
Rejeté — l'amendement n'a pas été retenu.
Cette disposition du code des impôts permet le maintien dans le foyer fiscal des jeunes majeurs en poursuite d’études. Elle s’inscrit dans une logique familialiste du système d’aides sociales français qui maintient les jeunes majeurs dans une minorité sociale.
Lire l'exposé complet (736 mots)
Cette disposition du code des impôts permet le maintien dans le foyer fiscal des jeunes majeurs en poursuite d’études. Elle s’inscrit dans une logique familialiste du système d’aides sociales français qui maintient les jeunes majeurs dans une minorité sociale.
Considérer que la famille constitue le premier cercle de solidarité renforce les inégalités sociales. Dans le même temps, l’État entretient un double standard sur la minorité sociale des jeunes majeurs. Ainsi, alors que la législation prévoit un possible maintien dans le foyer fiscal des étudiants jusqu’à 25 ans, elle n’étend le bénéfice des allocations familiales et des allocations logement pour les familles les plus précaires que jusqu’aux 21 ans de l’enfant, qu’il soit en étude ou non.
Ce maintien dans le foyer fiscal des majeurs en études — et donc la demi-part fiscale qui l’accompagne — bénéficie principalement aux foyers fiscaux les plus aisés. Les inégalités sociales se retrouvent dans l’accès, mais aussi dans la réussite scolaire au sein de l’enseignement supérieur. La différence entre la part d’accédant à l’enseignement supérieur et la part de diplômés illustre ce tri social. Ainsi, sur la période 2021‑2023, 67 % des enfants de cadres, de professions intermédiaires ou d’indépendants sont diplômés du supérieur pour une proportion de 77 % d’accédant, contre 36 % des enfants d’ouvriers ou d’employés pour une proportion d’accédant de 52 %. La différence entre accédants et diplômés est donc de 10 points pour les enfants de cadres, de professions intermédiaires ou d’indépendants et de 16 points pour les enfants d’ouvriers et d’employés (INSEE, MESR-DGESIP/DGRI-SIES, État de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en France n°18, Chapitre 26 « Le niveau d’études selon le milieu social », juin 2025).
Ces inégalités se reflètent également sur le niveau de diplôme : sur la même période, 38 % des enfants de cadres, de professions intermédiaires ou d’indépendants sont titulaires d’un niveau bac+5 ou supérieur, contre 13 % des enfants d’ouvriers ou d’employés.
Les inégalités sociales structurent ainsi la capacité à accéder et à réussir dans l’enseignement supérieur. Par ces inégalités, se trouve en premier lieu la condition financière. Près de la moitié des étudiants devant travailler durant l’année universitaire, ce temps salarié est du temps de travail pour les examens en moins. Ainsi, si 73 % des étudiants n’ayant aucune activité rémunérée valident totalement leurs examens de fin d’année, seuls 65 % des étudiants exerçant une activité rémunérée en parallèle de la préparation aux examens les valident intégralement (Béduwé, Catherine., et al. « Chapitre 2. Les effets du travail étudiant sur la réussite des études », Salariat étudiant, parcours universitaires et conditions de vie, Observatoire national de la vie étudiante, La Documentation française, 2024. p.39‑51.). De même, 66 % des étudiants ayant une activité rémunérée récurrente accusent un retard d’un ou deux ans par rapport au nombre d’années théoriquement nécessaires pour valider leur diplôme, contre 47 % pour ceux qui n’ont jamais travaillé.
À ces inégalités sociales profondes dans la réussite dans l’enseignement supérieur, s’ajoute une paupérisation croissante des étudiants. Ainsi, un tiers d’entre eux sautent régulièrement un repas.
Il est nécessaire de revoir le dispositif d’aides sociales dans l’enseignement supérieur. Il s’agit en effet d’un système à bout de souffle qui fut pensé comme un allègement de la charge financière des familles et non comme une aide à destination des étudiants en tant que sujets de droits.
Alors que ce dispositif fiscal existe au bénéfice essentiel des foyers fiscaux les plus aisés, le Gouvernement se refuse à mettre en œuvre une réforme structurelle des bourses sur critères sociaux. Comble de l’indécence, l’augmentation de 500 millions d’euros du budget des bourses annoncée en 2023 suite aux mobilisations étudiantes ne se sera traduit que par une augmentation réelle de 177 millions (UNEF, Les mensonges du Gouvernement, janvier 2024).
Supprimer le bénéfice de cette demi-part fiscale tout en réattribuant les montants ainsi perçus par l’État au système d’aides sociales et de bourses sur critères sociaux de l’enseignement supérieur — tout en adaptant les barèmes de ces dispositifs à cette suppression — permettrait ainsi de créer un effet de transfert entre ces réductions d’impôt bénéficiant aux foyers fiscaux les plus aisés à destination des étudiants les plus précaires, leur permettant d’améliorer leurs conditions d’existence et leurs probabilités de réussite.
En ce sens, cet amendement propose donc la suppression de la possibilité du maintien dans le foyer fiscal des majeurs de plus de 21 ans poursuivant leurs études.
Le texte exact de l'amendement
Au premier alinéa du 3 de l’article 6 du code général des impôts, les mots : « , ou de moins de vingt-cinq ans lorsqu’elle poursuit ses études, » sont supprimés.
C'est la rédaction juridique déposée : elle s'écrit en référence aux alinéas du texte examiné, et ne se lit pas seule.
28 pour, 241 contre
Et vous, comment auriez-vous voté ?
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Qui a voté quoi
| Groupe | Répartition | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Effectif |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RNen tête : contre (52 voix exprimées sur 123 membres) | 0 | 52 | 0 | 0 | 123 | |
| EPRmajoritairement contre | 0 | 49 | 0 | 7 | 92 | |
| LFI-NFPmajoritairement contre | 1 | 56 | 0 | 0 | 71 | |
| SOCmajoritairement abstention | 2 | 12 | 36 | 0 | 69 | |
| DRmajoritairement contre | 0 | 33 | 0 | 3 | 50 | |
| ECOSmajoritairement pour | 25 | 0 | 0 | 0 | 38 | |
| DEMen tête : contre (15 voix exprimées sur 36 membres) | 0 | 15 | 0 | 1 | 36 | |
| HORen tête : contre (16 voix exprimées sur 34 membres) | 0 | 16 | 0 | 2 | 34 | |
| LIOTen tête : contre (5 voix exprimées sur 22 membres) | 0 | 4 | 1 | 1 | 22 | |
| GDRen tête : abstention (3 voix exprimées sur 17 membres) | 0 | 0 | 3 | 0 | 17 | |
| UDDPLR | 0 | 0 | 0 | 0 | 16 | |
| NIen tête : contre (4 voix exprimées sur 9 membres) | 0 | 4 | 0 | 0 | 9 |
Élu par élu
| Député·e | Groupe | Circonscription | Vote |
|---|---|---|---|
| David Amiel | EPR | Paris, 13ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Yaël Braun-Pivet | EPR | Yvelines, 5ᵉ circonscription | Non-votantcause PSE |
| Maud Bregeon | EPR | Hauts-de-Seine, 13ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Eléonore Caroit | EPR | Français établis hors de France, 2ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Marina Ferrari | DEM | Savoie, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Nicolas Forissier | DR | Indre, 2ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Vincent Jeanbrun | DR | Val-de-Marne, 7ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Anne Le Hénanff | HOR | Morbihan, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Mathieu Lefèvre | EPR | Val-de-Marne, 5ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Roland Lescure | EPR | Français établis hors de France, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Sébastien Martin | DR | Saône-et-Loire, 5ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Naïma Moutchou | HOR | Val-d'Oise, 4ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Laurent Panifous | LIOT | Ariège, 2ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Stéphanie Rist | EPR | Loiret, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
14 député·e·s affiché·e·s sur les 323 que le compte rendu de ce scrutin mentionne. Un vote « par délégation » est exprimé par un collègue, conformément au règlement.
Sources de ce scrutin
Compte rendu officiel
Le scrutin tel que publié par Assemblée nationale, nom par nom.
assemblee-nationale.fr ↗Scrutin demandé par
Présidente du groupe "Rassemblement National"
Identifiant
VTANR5L17V3078
Jeu de données « Scrutins » · AN:SCRUTINS
Un scrutin public n'est pas une loi : celui-ci peut porter sur un amendement, une motion ou l'ensemble d'un texte. La plupart des votes de l'Assemblée ont lieu à main levée et ne donnent lieu à aucun décompte nominatif.