l'amendement n° 2493 de M. Prud'homme après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
De quoi il s'agit
Sur quoi porte ce vote
Un amendement — une modification proposée à un texte en cours d'examen. Il porte le n° I-2493 et insère un article après l'article 12.
Ce que l'amendement propose
Le présent amendement des députés du groupe LFI vise à mettre fin à l’exonération d’impôt sur les sociétés (IS) dont bénéficient les coopératives agricoles au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires annuel d’un milliard d’euros.
Phrase écrite par l'auteur de l'amendement, citée telle quelle.
Ce qui a été décidé
Rejeté — l'amendement n'a pas été retenu.
Le présent amendement des députés du groupe LFI vise à mettre fin à l’exonération d’impôt sur les sociétés (IS) dont bénéficient les coopératives agricoles au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires annuel d’un milliard d’euros.
Lire l'exposé complet (409 mots)
Le présent amendement des députés du groupe LFI vise à mettre fin à l’exonération d’impôt sur les sociétés (IS) dont bénéficient les coopératives agricoles au-delà d’un seuil de chiffre d’affaires annuel d’un milliard d’euros.
Initialement conçues comme des outils de mutualisation et de solidarité entre agriculteurs, les coopératives agricoles occupent aujourd’hui une place centrale dans l’économie agroalimentaire française. Elles rassemblent environ 75 % des exploitants agricoles et représentent un tiers des marques alimentaires présentes sur le marché. Si ce modèle demeure pertinent pour de nombreuses structures de taille modeste, force est de constater qu’une part croissante du secteur est désormais constituée de très grands groupes, dont l’organisation, la stratégie et la gouvernance s’éloignent fortement des principes coopératifs.
Moins de 3 % des coopératives agricoles concentrent aujourd’hui près de 85 % de la production. Certaines réalisent plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires, détiennent de nombreuses filiales industrielles, interviennent sur les marchés internationaux et poursuivent des logiques de concentration, de croissance externe et de rendement, comparables à celles d’acteurs privés classiques. Or, ces grandes entités bénéficient toujours du régime fiscal préférentiel attaché au statut coopératif, notamment une exonération quasi-totale de l’impôt sur les sociétés.
Cette situation crée une distorsion de concurrence manifeste vis-à-vis des entreprises du secteur agroalimentaire soumises à l’IS. Elle soulève également une incohérence fiscale : la puissance publique accorde un avantage fiscal considérable à des structures dont les pratiques sont parfois très éloignées de l’esprit de solidarité et de gouvernance démocratique qui fonde le statut coopératif. Plusieurs enquêtes, dont celle publiée par le média Basta! (octobre 2021), ont documenté les dérives de certaines grandes coopératives : opacité des décisions, cooptation des dirigeants, faible pouvoir réel des adhérents, voire comportements assimilables à ceux de groupes industriels intégrés.
Dans un contexte de tension budgétaire, il n’est plus justifiable que des groupes réalisant plusieurs milliards d’euros de chiffre d’affaires continuent de bénéficier d’exonérations d’impôts qui les placent hors du droit commun. Le présent amendement propose donc de réserver l’exonération d’IS aux coopératives agricoles dont le chiffre d’affaires consolidé annuel est inférieur à un milliard d’euros, en cohérence avec leur vocation originelle d’acteurs économiques mutualistes de proximité. Au-delà de ce seuil, l’activité économique, la taille et la structure de gouvernance justifient une imposition alignée sur celle des autres entreprises du secteur.
Cette mesure permettra de rétablir une équité fiscale, de garantir une meilleure efficacité de la dépense publique, et de renforcer la crédibilité du statut coopératif en le recentrant sur ses fondements.
Le texte exact de l'amendement
Le 2° du 1 de l’article 207 du code général des impôts est ainsi modifié :
1° Le a est complété par les mots : « dont le chiffre d’affaires consolidé annuel n’excède pas un milliard d’euros » ;
2° Le b est complété par les mots : « dont le chiffre d’affaires consolidé annuel n’excède pas un milliard d’euros ».
C'est la rédaction juridique déposée : elle s'écrit en référence aux alinéas du texte examiné, et ne se lit pas seule.
42 pour, 178 contre
Et vous, comment auriez-vous voté ?
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Qui a voté quoi
| Groupe | Répartition | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Effectif |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RNmajoritairement contre | 0 | 72 | 0 | 0 | 123 | |
| EPRen tête : contre (26 voix exprimées sur 92 membres) | 0 | 26 | 0 | 7 | 92 | |
| LFI-NFPen tête : pour (32 voix exprimées sur 71 membres) | 31 | 1 | 0 | 0 | 71 | |
| SOCen tête : contre (34 voix exprimées sur 69 membres) | 0 | 34 | 0 | 0 | 69 | |
| DRen tête : contre (16 voix exprimées sur 50 membres) | 0 | 16 | 0 | 3 | 50 | |
| ECOSen tête : pour (14 voix exprimées sur 38 membres) | 10 | 0 | 4 | 0 | 38 | |
| DEMen tête : contre (11 voix exprimées sur 36 membres) | 0 | 11 | 0 | 1 | 36 | |
| HORen tête : contre (6 voix exprimées sur 34 membres) | 0 | 6 | 0 | 3 | 34 | |
| LIOTen tête : contre (6 voix exprimées sur 22 membres) | 0 | 5 | 1 | 1 | 22 | |
| GDR | 1 | 0 | 1 | 0 | 17 | |
| UDDPLRen tête : contre (3 voix exprimées sur 16 membres) | 0 | 3 | 0 | 0 | 16 | |
| NIen tête : contre (4 voix exprimées sur 9 membres) | 0 | 4 | 0 | 0 | 9 |
Élu par élu
| Député·e | Groupe | Circonscription | Vote |
|---|---|---|---|
| David Amiel | EPR | Paris, 13ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Yaël Braun-Pivet | EPR | Yvelines, 5ᵉ circonscription | Non-votantcause PAN |
| Maud Bregeon | EPR | Hauts-de-Seine, 13ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Eléonore Caroit | EPR | Français établis hors de France, 2ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Marina Ferrari | DEM | Savoie, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Nicolas Forissier | DR | Indre, 2ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Vincent Jeanbrun | DR | Val-de-Marne, 7ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Anne Le Hénanff | HOR | Morbihan, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Mathieu Lefèvre | EPR | Val-de-Marne, 5ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Roland Lescure | EPR | Français établis hors de France, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Sébastien Martin | DR | Saône-et-Loire, 5ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Naïma Moutchou | HOR | Val-d'Oise, 4ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Laurent Panifous | LIOT | Ariège, 2ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Marie-Agnès Poussier-Winsback | HOR | Seine-Maritime, 9ᵉ circonscription | Non-votantcause PSE |
| Stéphanie Rist | EPR | Loiret, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
15 député·e·s affiché·e·s sur les 241 que le compte rendu de ce scrutin mentionne. Un vote « par délégation » est exprimé par un collègue, conformément au règlement.
Sources de ce scrutin
Compte rendu officiel
Le scrutin tel que publié par Assemblée nationale, nom par nom.
assemblee-nationale.fr ↗Scrutin demandé par
Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"
Identifiant
VTANR5L17V3186
Jeu de données « Scrutins » · AN:SCRUTINS
Un scrutin public n'est pas une loi : celui-ci peut porter sur un amendement, une motion ou l'ensemble d'un texte. La plupart des votes de l'Assemblée ont lieu à main levée et ne donnent lieu à aucun décompte nominatif.