l'amendement n° 2241 de Mme Marsaud après l'article 12 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2026 (première lecture).
De quoi il s'agit
Sur quoi porte ce vote
Un amendement — une modification proposée à un texte en cours d'examen. Il porte le n° I-2241 et insère un article après l'article 12.
Ce que l'amendement propose
Au travers de France 2030, l’État a fait le choix de soutenir la filière de la production d’animation en sélectionnant 12 studios d’animation et 16 offres de formation aux métiers du numérique dans le cadre de l’appel à projets La Grande Fabrique de l’Image.
Première phrase de l'exposé, citée telle quelle — son auteur n'y annonce pas son intention en toutes lettres.
Ce qui a été décidé
Rejeté — l'amendement n'a pas été retenu.
Au travers de France 2030, l’État a fait le choix de soutenir la filière de la production d’animation en sélectionnant 12 studios d’animation et 16 offres de formation aux métiers du numérique dans le cadre de l’appel à projets La Grande Fabrique de l’Image.
Lire l'exposé complet (894 mots)
Au travers de France 2030, l’État a fait le choix de soutenir la filière de la production d’animation en sélectionnant 12 studios d’animation et 16 offres de formation aux métiers du numérique dans le cadre de l’appel à projets La Grande Fabrique de l’Image.
Ce choix est le résultat d’une politique publique menée depuis trente ans qui a permis de construire de toutes pièces une industrie qui emploie aujourd’hui en France 10 000 salariés pour une masse salariale de 268 M€ (en progression respectivement de 80 % et 150 % en dix ans). Répartis sur l’ensemble du territoire national et dans les DROM, ces studios peuvent s’appuyer sur une formation d’excellence avec pas moins de trois écoles françaises (Gobelins en 1ère position pour la troisième année consécutive, ESMA en 8ème position et Rubika en 9ème position) dans le top 10 mondial établi par Animation Career Review pour l’année 2023.
Par ses performances à l’exportation (plus de 100 M€ par an en moyenne sur les cinq dernières années pour les séries TV et premier genre à l’exportation en audiovisuel), l’animation française fait rayonner la culture française et nos talents sur les écrans du monde entier, auprès des chaînes historiques mais aussi des plateformes de vidéo à la demande par abonnement. La France est ainsi le 4ème pays le plus représenté sur les plateformes à l’étranger derrière les États-Unis, le Japon et le Royaume-Uni.
L’animation française bénéficie d’une véritable reconnaissance artistique internationale, notamment au travers des nominations régulières de ses courts et longs métrages aux Oscars (plus d’une vingtaine au cours des 25 dernières années). Et le plus grand festival du monde se tient chaque année en juin à Annecy et enregistre année après année un succès grandissant avec plus de 15 000 accrédités.
Toutefois, le marché du cinéma d’animation reste à conquérir pour la production française. Le nombre de films français reste limité : un peu plus de dix films par an depuis 2019 (dont la moitié d’initiative française), soit 3 % de l’ensemble des films français agréés. Ces films totalisent en fonction des années jusqu’à 20 % des entrées du marché de l’animation dans les salles françaises (qui lui-même représente un peu moins de 15 % de la totalité des entrées). Et doivent faire face à la puissance américaine qui reste incontournable sur ce segment de marché avec en moyenne ces dernières années 70 % des entrées pour les films US ! L’augmentation du nombre de films, de leurs budgets doit permettre à terme d’atteindre la part de marché des films français en prise de vues réelles qui se situe entre 35 % et 40 %.
Malgré un nombre limité de films, l’animation française joue d’ores et déjà un rôle de premier plan dans l’export du cinéma français. En 2022, on retrouvait deux longs métrages d’animation d’initiative française (Pil et Le tour du monde en 80 jours) dans le top 10 des films les plus exportés. Et deux films s’illustrent plus particulièrement depuis le début de l’année : Pattie et le la colère de Poséidon (TAT Productions) avec 1,5 million d’entrées à l’international et Lady Bug, le film (Mediawan Kids & Family) qui en totalise déjà pratiquement six millions.
Faute de financements français suffisants, ces films d’animation recourent à la coproduction internationale ou à la délocalisation dans les pays qui disposent de systèmes fiscaux plus attractifs comme le Canada. Dans les deux cas, c’est une perte d’emplois pour l’industrie française. Et un frein au rayonnement international du savoir-faire des talents et des studios français.
Pour permettre de renforcer le financement des films français d’animation, qu’ils soient dits d’auteur ou de marché, une meilleure relocalisation des dépenses sur le territoire français et soutenir l’exportation du cinéma français en investissant sur des films en adéquation avec la demande internationale, il est proposé de modifier le taux du crédit d’impôt cinéma de 30 à 40 % pour les longs métrages d’animation.
Ce taux existe déjà dans le cadre du crédit d’impôt international pour les films étrangers en prises de vues réelles qui réalisent plus de 2 millions d’euros de dépenses d’effets visuels numériques (y compris d’animation) sur le territoire français.
Il permettra :
- d’améliorer le financement et donc les ambitions tant en France qu’à l’international des films qui en bénéficient déjà ;
- de permettre à certains films de devenir éligibles au crédit d’impôt en renonçant à des accords de coproduction avec des pays tiers et donc de relocaliser de la production en France ;
- et d’augmenter le nombre de films produits afin de permettre à l’industrie française de répondre à la demande du marché international et de gagner des parts de marché.
Le coût fiscal du crédit d’impôt pour les longs métrages d’animation varie selon les années de 3 à 8 M€ en fonction du nombre de films éligibles (de 4 à 7 par an) et de leurs budgets. La modification proposée représente un coût fiscal supplémentaire estimé à 5 M€.
L’étude réalisée en juillet 2023 par EY sur « L’évaluation de l’impact des crédits d’impôt relevant du CNC entre 2017 et 2021 » a souligné que chaque euro de dépenses fiscale pour le crédit d’impôt cinéma a contribué à localiser 6,40 € de dépenses en France, dont environ 2,12 € de recettes fiscales et sociales et 0,76 € de recettes fiscales exclusivement, soit un niveau d’autofinancement très compétitif via les seules recettes fiscales.
Le texte exact de l'amendement
I. – La seconde phrase du quatorzième alinéa du 1 du III de l’article 220 sexies du code général des impôts est ainsi modifié :
1° Le taux : « 30 % » est remplacé par le taux : « 40 % » ;
2° Après le mot : « et », sont insérés les mots : « à 30 % ».
II. – Le I n’est applicable qu’aux sommes venant en déduction de l’impôt dû.
III. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
C'est la rédaction juridique déposée : elle s'écrit en référence aux alinéas du texte examiné, et ne se lit pas seule.
42 pour, 52 contre
Et vous, comment auriez-vous voté ?
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Qui a voté quoi
| Groupe | Répartition | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Effectif |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RNen tête : abstention (54 voix exprimées sur 123 membres) | 0 | 1 | 53 | 0 | 123 | |
| EPRen tête : contre (18 voix exprimées sur 92 membres) | 7 | 11 | 0 | 7 | 92 | |
| LFI-NFPen tête : abstention (9 voix exprimées sur 71 membres) | 2 | 0 | 7 | 1 | 71 | |
| SOC | 13 | 2 | 13 | 0 | 69 | |
| DRen tête : contre (13 voix exprimées sur 50 membres) | 1 | 11 | 1 | 3 | 50 | |
| ECOSen tête : pour (16 voix exprimées sur 38 membres) | 14 | 0 | 2 | 0 | 38 | |
| DEMen tête : contre (10 voix exprimées sur 36 membres) | 3 | 7 | 0 | 1 | 36 | |
| HORen tête : contre (10 voix exprimées sur 34 membres) | 0 | 10 | 0 | 2 | 34 | |
| LIOTen tête : contre (4 voix exprimées sur 22 membres) | 0 | 4 | 0 | 1 | 22 | |
| GDRen tête : pour (2 voix exprimées sur 17 membres) | 2 | 0 | 0 | 0 | 17 | |
| UDDPLRen tête : contre (2 voix exprimées sur 16 membres) | 0 | 2 | 0 | 0 | 16 | |
| NImajoritairement contre | 0 | 4 | 1 | 0 | 9 |
Élu par élu
| Député·e | Groupe | Circonscription | Vote |
|---|---|---|---|
| David Amiel | EPR | Paris, 13ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Yaël Braun-Pivet | EPR | Yvelines, 5ᵉ circonscription | Non-votantcause PAN |
| Maud Bregeon | EPR | Hauts-de-Seine, 13ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Eléonore Caroit | EPR | Français établis hors de France, 2ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Marina Ferrari | DEM | Savoie, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Nicolas Forissier | DR | Indre, 2ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Clémence Guetté | LFI-NFP | Val-de-Marne, 2ᵉ circonscription | Non-votantcause PSE |
| Vincent Jeanbrun | DR | Val-de-Marne, 7ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Anne Le Hénanff | HOR | Morbihan, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Mathieu Lefèvre | EPR | Val-de-Marne, 5ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Roland Lescure | EPR | Français établis hors de France, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Sébastien Martin | DR | Saône-et-Loire, 5ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Naïma Moutchou | HOR | Val-d'Oise, 4ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Laurent Panifous | LIOT | Ariège, 2ᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
| Stéphanie Rist | EPR | Loiret, 1ʳᵉ circonscription | Non-votantcause MG |
15 député·e·s affiché·e·s sur les 186 que le compte rendu de ce scrutin mentionne. Un vote « par délégation » est exprimé par un collègue, conformément au règlement.
Sources de ce scrutin
Compte rendu officiel
Le scrutin tel que publié par Assemblée nationale, nom par nom.
assemblee-nationale.fr ↗Scrutin demandé par
Présidente de séance
Identifiant
VTANR5L17V3221
Jeu de données « Scrutins » · AN:SCRUTINS
Un scrutin public n'est pas une loi : celui-ci peut porter sur un amendement, une motion ou l'ensemble d'un texte. La plupart des votes de l'Assemblée ont lieu à main levée et ne donnent lieu à aucun décompte nominatif.