Santé

La fin de vie

Deux textes portent ce nom. Le premier, sur les soins palliatifs, est voté et en vigueur. Le second, qui créerait un droit à l'aide à mourir, est adopté mais pas encore promulgué.

En deux mots
Pourquoi ce texte
Plus de vingt départements n'ont aucune unité de soins palliatifs, et la loi de 2016 n'autorise que l'endormissement profond jusqu'au décès, pas l'aide à mourir.
Ce qu'il fait
Un texte garantit l'accès aux soins palliatifs partout et finance leur déploiement jusqu'en 2034. L'autre créerait un droit à demander une aide à mourir, sous cinq conditions cumulatives.
Ce que ça change
Le premier est promulgué depuis le 26 mai 2026 : il s'applique. Le second a été adopté définitivement le 15 juillet 2026, mais le Conseil constitutionnel a été saisi — il n'est donc pas encore la loi.
Pour vous
Si vous ou un proche êtes atteint d'une maladie grave, l'accompagnement palliatif devient un droit garanti ; l'aide à mourir, elle, reste suspendue à une décision qui n'est pas encore rendue.
En France

Le Parlement français vote, le Gouvernement applique. C'est ici que la règle se décide.

Le sujet en détail

De quoi s'agit-il ?

« La fin de vie » désigne dans le débat public deux textes différents, votés par les mêmes parlementaires, souvent le même jour, et dont les destins n'ont rien de commun. Les confondre rend le sujet incompréhensible : c'est la première chose à défaire.

Le premier porte sur les soins palliatifs— soulager, accompagner, sans chercher à guérir. Il a été adopté par l'Assemblée par 560 voix contre 0 en première lecture, puis promulgué le 26 mai 2026. Le second créerait un droit à l'aide à mourir. Il a été adopté quatre fois par les députés, rejeté trois fois par les sénateurs, et finalement voté en lecture définitiveLecture définitive. Quand le désaccord persiste, le Gouvernement peut donner le « dernier mot » à l'Assemblée nationale (article 45) : elle statue alors définitivement, sans retour au Sénat. lexique → le 15 juillet 2026 par 291 voix contre 241.

Le texte sur l'aide à mourir pose cinq conditions cumulatives— il faut les remplir toutes : être majeur ; être français ou résider en France de façon stable et régulière ; être atteint d'une affection grave et incurable qui engage le pronostic vital, en phase avancée ou terminale ; présenter une souffrance physique et psychologique soit réfractaire aux traitements, soit jugée insupportable ; être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée.

Il prévoit aussi une clause de conscience pour les professionnels de santé, un délit d'entrave, et un contrôle a posteriori par une commission indépendante. La substance peut être administrée par un médecin ou par un infirmier.

Sur ces deux textes, les votes n'ont pas suivi les frontières habituelles : la plupart des groupes se sont divisés, et le scrutin sur les soins palliatifs n'a recueilli aucune voix contre. Les positions par groupe figurent plus bas, telles que les chambres les ont publiées — vous pouvez aussi ouvrir chaque scrutin pour voir le vote de chaque parlementaire.

Concrètement

Ce que ça change pour vous

Chaque exemple compare l'état du droit aujourd'hui à ce que le texte prévoit, et cite l'article qui le prévoit — pour que vous puissiez aller le vérifier. Ce sont des conséquences, pas des jugements : ce qui devient possible y figure au même titre que ce qui devient obligatoire.

Une partie de ces règles est déjà en vigueur, l'autre est encore en discussion — le détail figure sous chaque exemple.

  • Une personne malade dans un département sans unité de soins palliatifs

    Aujourd'hui

    Plus de vingt départements n'ont aucune unité de soins palliatifs : il faut être transféré ailleurs, souvent loin de ses proches.

    Ce que prévoient ces textes

    Une unité doit ouvrir dans chaque département qui n'en a pas, avec au minimum deux par région avant fin 2030.

    ConcrètementAujourd'hui, vos proches font la route jusqu'au département voisin pour vous voir, parfois chaque jour. Le déploiement doit y mettre fin — mais l'échéance inscrite dans la loi est fin 2030 : d'ici là, ce que vous obtenez dépend de l'endroit où vous vivez.

    Ce qui le prévoit : Loi n° 2026-404 du 26 mai 2026, article 5 (stratégie décennale et déploiement territorial) — en vigueur.

  • Une personne à qui l'on annonce que sa maladie s'aggrave

    Aujourd'hui

    Rien n'oblige l'équipe soignante à lui proposer un document écrit organisant la suite de sa prise en charge.

    Ce que prévoient ces textes

    Un professionnel de santé doit lui proposer un plan personnalisé d'accompagnement, écrit, qui anticipe et coordonne les soins.

    ConcrètementUn document écrit vous est remis : qui intervient, où, à quel moment, qui joindre en cas de difficulté — au lieu d'informations données oralement, au fil des consultations, et qu'on oublie. Vous restez libre de l'accepter ou non : c'est une proposition qui vous est faite, pas une obligation qui pèse sur vous.

    Ce qui le prévoit : Loi n° 2026-404, article 17, créant l'article L. 1110-10-1 du code de la santé publique — en vigueur.

  • Un résident d'Ehpad ou d'un établissement médico-social

    Aujourd'hui

    L'accompagnement de fin de vie dépend entièrement de ce que l'établissement a choisi d'organiser.

    Ce que prévoient ces textes

    Chaque établissement doit inscrire un volet « soins palliatifs » dans son projet, avec l'organisation et le rôle de chaque intervenant.

    ConcrètementL'établissement écrit noir sur blanc qui intervient, comment et à quel moment. Vous ou votre famille pouvez demander à consulter ce projet : ce qui relevait de l'usage interne devient un document opposable.

    Ce qui le prévoit : Loi n° 2026-404, article 11 — en vigueur.

  • Une famille qui ne peut plus garder son proche à la maison, sans vouloir l'hospitaliser

    Aujourd'hui

    Il n'existe pas de structure intermédiaire entre le domicile et l'hôpital.

    Ce que prévoient ces textes

    Une nouvelle catégorie d'établissement est créée — les maisons d'accompagnement — pour accueillir les personnes stabilisées et soutenir les proches, y compris après le décès.

    ConcrètementUn lieu d'accueil plus petit qu'un hôpital, où le proche est hébergé et où la famille est soutenue, y compris dans le deuil. C'est une catégorie d'établissement qui vient d'être créée : encore faut-il que ces maisons ouvrent près de chez vous.

    Ce qui le prévoit : Loi n° 2026-404, article 10, créant le 18° du I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles — en vigueur.

  • Une personne majeure atteinte d'une affection grave et incurable en phase avancée

    Aujourd'hui

    L'aide à mourir n'existe pas en droit français. La loi de 2016 permet seulement une sédation profonde et continue jusqu'au décès.

    Ce que prévoient ces textes

    Elle pourrait demander une aide à mourir si elle remplit les cinq conditions cumulatives du texte — mais rien n'est ouvert tant que le Conseil constitutionnel n'a pas statué.

    ConcrètementAujourd'hui, il n'y a aucune démarche à faire : ni formulaire, ni médecin habilité, ni service à contacter — le texte n'est pas promulgué. S'il l'était, la demande passerait par un examen médical encadré, avec un délai de réflexion et un contrôle a posteriori par une commission indépendante ; le détail relèverait de décrets encore à écrire.

    Ce qui le prévoit : Proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir, adoptée en lecture définitive le 15 juillet 2026 — NON PROMULGUÉE, déférée au Conseil constitutionnel.

  • Un médecin ou un infirmier

    Aujourd'hui

    La question ne se pose pas : aucun acte de ce type n'est prévu par le droit français.

    Ce que prévoient ces textes

    Une clause de conscience lui permettrait de refuser d'y concourir. Le texte prévoit que la substance puisse être administrée par un médecin ou par un infirmier.

    ConcrètementIl pourrait refuser d'y participer sans avoir à s'en expliquer, comme cela existe déjà pour d'autres actes. La question de savoir si ce refus vaut aussi pour les autres soignants appelés à intervenir est l'un des points soumis au Conseil constitutionnel.

    Ce qui le prévoit : Proposition de loi relative au droit à l'aide à mourir, clause de conscience — texte non promulgué. La saisine du Sénat demande justement d'étendre cette clause au-delà des seuls médecins.

  • Toute personne consultant un médecin pour des soins palliatifs

    Aujourd'hui

    Les dépassements d'honoraires sont possibles selon le secteur d'exercice du praticien.

    Ce que prévoient ces textes

    Les soins palliatifs ne peuvent pas faire l'objet d'un dépassement d'honoraires.

    ConcrètementSur la feuille de soins, pas de ligne « dépassement » pour cet acte : vous payez le tarif de la Sécurité sociale, que le praticien exerce en secteur 1 ou en secteur 2.

    Ce qui le prévoit : Loi n° 2026-404 du 26 mai 2026 — en vigueur.

Données de l'Assemblée et du Sénat

Ce qui est sur la table

Sans un mot de commentaire

Qui a voté quoi

Seuls figurent ici les votes qui décident du sort du texte : vote sur l'ensemble, motion de rejet, et motion de censure quand le texte est passé par le 49.349.3 (engagement de responsabilité). L'article 49, alinéa 3, permet au Gouvernement de faire adopter un texte sans vote : le texte est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure déposée dans les 24 heures est votée. Le vote porte alors sur la censure, jamais sur le texte lui-même. lexique →. Les centaines de votes d'amendements sont écartées : elles noieraient l'essentiel. La position d'un groupe est recalculéeà partir des voix réellement émises par ses membres : un groupe qui n'a rien exprimé n'a pas de position, et une égalité n'en a pas non plus.

91 pour139 contre1 abstention
  • RNPour (en tête)60 voix
  • EPRContre (en tête)30 voix
  • LFI-NFPContre42 voix
  • SOCContre (en tête)34 voix
  • DRPour (en tête)10 voix
  • ECOSContre21 voix
  • DEMContre (en tête)10 voix
  • HORContre (en tête)9 voix
  • LIOTContre (en tête)2 voix
  • GDRContre (en tête)2 voix
  • UDDPLRPour10 voix
  • NIPour (en tête)1 voix

Sujet mis à jour le 24 juil. 2026. Une erreur signalée et vérifiée est corrigée immédiatement, et la correction est datée — voir les mentions légales.