l'amendement n° 2231 (rect.) de Mme Miller et les amendements identiques suivants après l'article 41 (examen prioritaire) du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).
Porte sur : Projet de loi de finances pour 2027
De quoi il s'agit
Sur quoi porte ce vote
Un amendement — une modification proposée à un texte en cours d'examen : Projet de loi de finances pour 2027. Il porte le n° I-2231 (Rect) et insère un article après l'article 41.
Ce que l'amendement propose
Le présent amendement propose la création d’un fonds national, doté de 800 millions d’euros, afin de permettre une mise en application effective de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants.
Première phrase de l'exposé, citée telle quelle — son auteur n'y annonce pas son intention en toutes lettres.
Ce qui a été décidé
Adopté — l'amendement a été intégré au texte.
Le présent amendement propose la création d’un fonds national, doté de 800 millions d’euros, afin de permettre une mise en application effective de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants. Il reprend celui adopté le 21 novembre 2025 dans le cadre de l'examen du PLF 2026, mais non retenu dans la version définitive du budget 2026.
Lire l'exposé complet (613 mots)
Le présent amendement propose la création d’un fonds national, doté de 800 millions d’euros, afin de permettre une mise en application effective de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants. Il reprend celui adopté le 21 novembre 2025 dans le cadre de l'examen du PLF 2026, mais non retenu dans la version définitive du budget 2026.
Pour rappel, la loi Taquet constitue une avancée majeure pour les jeunes majeurs accompagnés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Elle consacre enfin, sur le plan juridique, le principe d’un accompagnement obligatoire jusqu’à l’âge de 21 ans, marquant ainsi une reconnaissance du besoin de continuité éducative et de soutien dans la transition vers l’autonomie.
Toutefois, trois ans après l’entrée en vigueur de la loi dite « Taquet », les constats dressés par une consultation du réseau « Cause Majeur ! » mettaient en 2025 en lumière une réalité préoccupante : dans de nombreux départements, cette obligation n’est toujours pas appliquée. De ce fait, un grand nombre de jeunes majeurs sortant de la protection de l’enfance se retrouvent confrontés à une précarité financière, matérielle et émotionnelle rendant impossible toute perspective d’un avenir stable.
En pratique, les accompagnements se limitent souvent à une durée moyenne de 21 mois, soit jusqu’à 19 ans et 9 mois, bien loin de l’objectif fixé par la loi. Cette situation s’explique en grande partie par l’insuffisance des moyens financiers alloués aux départements pour mettre en œuvre ce dispositif.
En effet, dans le cadre de ses projets de loi de finances précédents, l’État n’a prévu qu’une enveloppe supplémentaire de 50 millions d’euros, destinée à soutenir cette nouvelle obligation. Ce montant s’avère largement insuffisant au regard des besoins identifiés et désormais reconnus par l’ensemble des acteurs de la protection de l’enfance.
Ce fonds de 800 millions d’euros viendrait ainsi en complément des 1,2 milliard d’euros déjà investis chaque année par les départements pour l’accompagnement des jeunes majeurs sortant de l’ASE.
Il aurait un double objectif :
- Garantir un fléchage obligatoire des crédits spécifiquement consacrés à l’accompagnement des jeunes majeurs, afin d’éviter toute dilution des moyens dans les budgets globaux des départements ;
- Instaurer une répartition plus équitable du coût de cet accompagnement entre l’État et les collectivités territoriales, reconnaissant ainsi la responsabilité partagée dans la mission de suppléance parentale exercée envers ces jeunes.
Si elle représente un effort très important dans le contexte budgétaire que nous connaissons, cette mesure représenterait un engagement fort de l’Etat en faveur des jeunes issus de la protection de l’enfance et traduirait une volonté claire de rompre le cycle de la précarité, qui semble aujourd’hui inéluctable pour une grande part des jeunes majeurs sortis de l’ASE puisqu’un quart des personnes sans abri sont d’anciens enfants placés auprès de l’ASE, un chiffre qui atteint 40 % parmi les sans domicile fixe de moins de 25 ans.
Le montant de ce fond doit aussi être mise en perspective puisqu’il représente au final 7 % des 11 milliards d’euros dépensés chaque année pour la protection de l’enfance en danger. Ces investissements, bien que considérables, ne produisent pas pleinement leurs effets tant que les jeunes ne bénéficient pas d’un accompagnement complet jusqu’à leur insertion sociale et professionnelle durable.
Ainsi, l’étude socio-économique « Les vies de Paul », publiée par le collectif « Cause Majeur ! » en novembre 2025, démontre le gain humain, sociétal et financier d’un accompagnement durable : là où un jeune livré à lui-même à 18 ans peut représenter un coût de 120 000 euros pour la collectivité, un jeune accompagné jusqu’à son inclusion pleine et entière peut générer jusqu’à 1,8 million d’euros de gains économiques en impôts et cotisations.
Amendement travaillé avec le réseau Cause Majeur.
Le texte exact de l'amendement
I. – Après la section 3 ter du chapitre IV du titre III du livre III de la troisième partie du code général des collectivités territoriales, est insérée une section 3 quater ainsi rédigée :
« Section 3 quater
« Fonds de mobilisation départementale pour les jeunes majeurs de la protection de l’enfance »
« Art. L. 3334‑16‑4. – Il est institué un fonds de mobilisation départementale pour les jeunes majeurs de la protection de l’enfance sous la forme d’un prélèvement sur les recettes de l’État et dont bénéficient les départements. Ce fonds est constitué de deux parts. Il est doté, en 2027, de 800 millions d’euros.
« La première part, d’un montant de 500 millions d’euros en 2027 est répartie entre les départements en fonction des dépenses constatées en moyenne l’année N-1 pour l’accompagnement des jeunes majeurs, le budget prévisionnel afférent pour 2027 et le nombre d’enfants de 17 ans confiés à l’aide sociale à l’enfance au 31 décembre de l’année N-1.
« L’application des deux premiers alinéas fait l’objet d’un décret pris après l’avis du comité des finances locales.
« La deuxième part, d’un montant de 300 millions d’euros en 2027, est répartie entre les départements pour concourir à des projets innovants présentés par les conseils départementaux et ayant pour objet de soutenir l’inclusion des jeunes majeurs dans la société.
II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
C'est la rédaction juridique déposée : elle s'écrit en référence aux alinéas du texte examiné, et ne se lit pas seule.
Ce scrutin portait sur cet amendement et sur d'autres, identiques, déposés par d'autres élus — c'est ce que dit son intitulé. L'Assemblée ne nomme que le premier d'entre eux ; les autres ont le même texte et chacun son exposé sommaire.
42 pour, 12 contre
Et vous, comment auriez-vous voté ?
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Qui a voté quoi
| Groupe | Répartition | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Effectif |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RNen tête : abstention (33 voix exprimées sur 121 membres) | 0 | 1 | 32 | 0 | 121 | |
| EPRen tête : pour (11 voix exprimées sur 90 membres) | 8 | 3 | 0 | 1 | 90 | |
| LFI-NFPen tête : pour (15 voix exprimées sur 70 membres) | 15 | 0 | 0 | 0 | 70 | |
| SOCen tête : pour (7 voix exprimées sur 68 membres) | 7 | 0 | 0 | 0 | 68 | |
| DRen tête : contre (9 voix exprimées sur 47 membres) | 2 | 7 | 0 | 0 | 47 | |
| ECOSen tête : pour (6 voix exprimées sur 38 membres) | 6 | 0 | 0 | 0 | 38 | |
| DEMen tête : abstention (4 voix exprimées sur 37 membres) | 1 | 0 | 3 | 0 | 37 | |
| HORen tête : abstention (3 voix exprimées sur 35 membres) | 0 | 1 | 2 | 1 | 35 | |
| LIOTen tête : pour (1 voix exprimées sur 23 membres) | 1 | 0 | 0 | 0 | 23 | |
| GDRen tête : pour (1 voix exprimées sur 17 membres) | 1 | 0 | 0 | 0 | 17 | |
| UDDPLR | 0 | 0 | 0 | 0 | 17 | |
| NIen tête : pour (1 voix exprimées sur 11 membres) | 1 | 0 | 0 | 0 | 11 |
Élu par élu
| Député·e | Groupe | Circonscription | Vote |
|---|---|---|---|
| Laurent Alexandre | LFI-NFP | Aveyron, 2ᵉ circonscription | Pour |
| Rodrigo Arenas | LFI-NFP | Paris, 10ᵉ circonscription | Pour |
| Christine Arrighi | ECOS | Haute-Garonne, 9ᵉ circonscription | Pour |
| Thibault Bazin | DR | Meurthe-et-Moselle, 4ᵉ circonscription | Pour |
| Shéhérazade Bentorki | LFI-NFP | Nord, 8ᵉ circonscription | Pour |
| Marie-Sophie Bernadeau | EPR | Gironde, 10ᵉ circonscription | Pour |
| Christophe Bex | LFI-NFP | Haute-Garonne, 7ᵉ circonscription | Pour |
| Carlos Martens Bilongo | LFI-NFP | Val-d'Oise, 8ᵉ circonscription | Pour |
| Arnaud Bonnet | ECOS | Seine-et-Marne, 8ᵉ circonscription | Pour |
| Mickaël Bouloux | SOC | Ille-et-Vilaine, 8ᵉ circonscription | Pour |
| Idir Boumertit | LFI-NFP | Rhône, 14ᵉ circonscription | Pour |
| Philippe Brun | NI | Eure, 4ᵉ circonscription | Pour |
| Danièle Carteron | EPR | Haute-Savoie, 2ᵉ circonscription | Pour |
| Gabrielle Cathala | LFI-NFP | Val-d'Oise, 6ᵉ circonscription | Pour |
| Éric Coquerel | LFI-NFP | Seine-Saint-Denis, 1ʳᵉ circonscription | Pour |
| Pierre Cordier | DR | Ardennes, 2ᵉ circonscription | Pour |
| Alain David | SOC | Gironde, 4ᵉ circonscription | Pour |
| Stéphane Delautrette | SOC | Haute-Vienne, 2ᵉ circonscription | Pour |
| Benjamin Dirx | EPR | Saône-et-Loire, 1ʳᵉ circonscription | Pour |
| Perceval Gaillard | LFI-NFP | Réunion, 7ᵉ circonscription | Pourpar délégation |
| Marie-Charlotte Garin | ECOS | Rhône, 3ᵉ circonscription | Pourpar délégation |
| Damien Girard | ECOS | Morbihan, 5ᵉ circonscription | Pour |
| Emmanuelle Hoffman | EPR | Paris, 4ᵉ circonscription | Pour |
| Maxime Laisney | LFI-NFP | Seine-et-Marne, 10ᵉ circonscription | Pour |
| Aurélien Le Coq | LFI-NFP | Nord, 1ʳᵉ circonscription | Pour |
| Marie-Philippe Lubet | EPR | Loiret, 1ʳᵉ circonscription | Pour |
| Valérie Létard | LIOT | Nord, 21ᵉ circonscription | Pour |
| Frédéric Maillot | GDR | Réunion, 6ᵉ circonscription | Pour |
| Damien Maudet | LFI-NFP | Haute-Vienne, 1ʳᵉ circonscription | Pour |
| Marianne Maximi | LFI-NFP | Puy-de-Dôme, 1ʳᵉ circonscription | Pour |
| Estelle Mercier | SOC | Meurthe-et-Moselle, 1ʳᵉ circonscription | Pour |
| Marie Mesmeur | LFI-NFP | Ille-et-Vilaine, 1ʳᵉ circonscription | Pour |
| Sophie Mette | DEM | Gironde, 9ᵉ circonscription | Pour |
| Laure Miller | EPR | Marne, 2ᵉ circonscription | Pour |
| François Piquemal | LFI-NFP | Haute-Garonne, 4ᵉ circonscription | Pour |
| Christine Pirès Beaune | SOC | Puy-de-Dôme, 2ᵉ circonscription | Pour |
| Christophe Proença | SOC | Lot, 2ᵉ circonscription | Pour |
| Jean-Louis Roumégas | ECOS | Hérault, 1ʳᵉ circonscription | Pour |
| Isabelle Santiago | SOC | Val-de-Marne, 9ᵉ circonscription | Pourpar délégation |
| Eva Sas | ECOS | Paris, 8ᵉ circonscription | Pour |
| Charles Sitzenstuhl | EPR | Bas-Rhin, 5ᵉ circonscription | Pour |
| Caroline Yadan | EPR | Français établis hors de France, 8ᵉ circonscription | Pour |
42 député·e·s affiché·e·s sur les 93 que le compte rendu de ce scrutin mentionne. Un vote « par délégation » est exprimé par un collègue, conformément au règlement.
Mises au pointMise au point. Déclaration faite après un scrutin par un parlementaire estimant que son vote a été mal enregistré, ou qu'il aurait voulu voter autrement. Elle est publiée au Journal officiel mais ne modifie jamais le résultat. lexique →
Christophe Mongardien a déclaré après le scrutin avoir voulu voter pour — ce scrutin ne l'avait pas enregistré·e.
Caroline Yadan a déclaré après le scrutin avoir voulu voter non-votant — son vote enregistré est « pour ».
Ces déclarations sont publiées par l'Assemblée mais ne modifient pas le résultat du scrutin. Elles ne sont donc comptées dans aucun des chiffres de cette page.
Sources de ce scrutin
Compte rendu officiel
Le scrutin tel que publié par Assemblée nationale, nom par nom.
assemblee-nationale.fr ↗Scrutin demandé par
Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"
Identifiant
VTANR5L17V9098
Jeu de données « Scrutins » · AN:SCRUTINS
Un scrutin public n'est pas une loi : celui-ci peut porter sur un amendement, une motion ou l'ensemble d'un texte. La plupart des votes de l'Assemblée ont lieu à main levée et ne donnent lieu à aucun décompte nominatif.