l'amendement n° 3440 de M. Caron après l'article 26 du projet de loi de finances pour 2027 (première lecture).
Porte sur : Projet de loi de finances pour 2027
De quoi il s'agit
Sur quoi porte ce vote
Un amendement — une modification proposée à un texte en cours d'examen : Projet de loi de finances pour 2027. Il porte le n° I-3440 et insère un article après l'article 26.
Ce que l'amendement propose
Par cet amendement, les députés LFI proposent de conditionner l'exonération de taxe foncière des bâtiments d'élevage à la mise en place d’équipements permettant de limiter la mortalité animale lors des fortes chaleurs.
Phrase écrite par l'auteur de l'amendement, citée telle quelle.
Ce qui a été décidé
L'Assemblée n'a pas publié de sort pour cet amendement.
Par cet amendement, les députés LFI proposent de conditionner l'exonération de taxe foncière des bâtiments d'élevage à la mise en place d’équipements permettant de limiter la mortalité animale lors des fortes chaleurs.
Lire l'exposé complet (619 mots)
Par cet amendement, les députés LFI proposent de conditionner l'exonération de taxe foncière des bâtiments d'élevage à la mise en place d’équipements permettant de limiter la mortalité animale lors des fortes chaleurs.
En 2026, la France a connu l’été le plus chaud de son histoire, et les vagues de chaleur vont s’intensifier et se multiplier dans les années à venir. Selon Santé Publique, France, la vague de chaleur du 18 juin au 2 juillet 2026 a entraîné une surmortalité de 35 % dans la population, soit plus de 4 000 décès en excès.
Ces épisodes de chaleur extrême touchent également de plein fouet les animaux, notamment d’élevage, qui ont connu une surmortalité sans précédent.
En juillet, la ministre de l’Agriculture évoquait le chiffre de 9 127 « tonnes » d'animaux morts lors de l’épisode caniculaire de juin. Plus de 3 millions de volailles sont ainsi mortes cet été, avec un taux de surmortalité de 1 000 % dans certains endroits. Dans certaines régions, on a constaté une surmortalité des porcs de 200 % et de 45 % en ce qui concerne les bovins. Par comparaison, la canicule d'août 2003 avait entraîné une hausse de 24 % de mortalité chez les bovins. Plus de 20 ans plus tard, des millions d’animaux sont encore morts de chaud, sans que le Gouvernement n’apporte la moindre réponse à la hauteur.
Ce désastre n’est rien d’autre que le produit direct d’un modèle agro-industriel productiviste qui entasse les animaux dans les bâtiments fermés et surchauffés pour maximiser les rendements et doper leurs marges. Les travaux de l’ANSES, de l’INRAE ou encore de l’EFSA ont pourtant largement documenté les conséquences du stress thermique sur la vie des animaux, sans que les industriels semblent s’en préoccuper.
Par exemple, les poulets ne transpirent pas pour réguler leur température corporelle. Ils ne peuvent que haleter. Ils dépendent donc de l’air et des surfaces qui les entourent pour se rafraîchir. Or, en France, 84 % des poulets sont élevés en bâtiment fermé sans accès à l’extérieur, sur du béton sans paille, dans une promiscuité extrême. Au-delà de 30 °C, sans ventilation insuffisante, ils suffoquent. Les cochons, qui ne transpirent pas non plus, souffrent à partir de 25 °C ; les vaches, elles, au-delà de 22 °C.
Des solutions existent pourtant : ventilation dynamique, mise à disposition d'espaces ouverts ombragés, multiplication des points d’abreuvement, augmentation de la fréquence de changement de l'eau..
Alors que la France est en retard par rapport à ses voisins, le gouvernement reste les bras croisés. Selon l’ONG CIWF, le Danemark applique déjà certaines de ces mesures, comme des systèmes d’aspersion ou d’autres moyens de rafraîchissement. Les Pays-Bas ont étendu les règles relatives aux fortes chaleurs au transport et aux abattoirs et fournissent aux agriculteurs un outil permettant d’établir des prévisions de stress thermique à sept jours.
Pendant ce temps, la loi exonère de taxe foncière, de façon permanente et automatique, tous les bâtiments d’élevage, sans aucune limite de durée, sans aucun réexamen et sans aucune contrepartie. Ce cadeau fiscal bénéficie indistinctement aux bâtiments équipés et aux fermes-usines qui laissent mourir les animaux à chaque canicule, alors même que les coûts de cette surmortalité (équarrissage, gestion de crise) retombent en partie sur les finances publiques.
Cet amendement réserve donc le bénéfice de l’exonération aux bâtiments disposant d’un équipement permettant de limiter la mortalité animale lors des fortes chaleurs. Il n’entraîne aucune perte de ressources publiques et oriente l’avantage fiscal vers les investissements les plus vertueux.
Cet amendement s’inscrit dans le cadre plus large de la planification écologique que nous appelons de nos vœux avec L’Avenir en commun : sortir de l’élevage intensif, et accompagner financièrement les paysannes et les paysans dans la bifurcation de notre modèle agricole.
Le texte exact de l'amendement
I. – Le a du 6° de l’article 1382 du code général des impôts est complété par un alinéa ainsi rédigé :
« Pour les bâtiments destinés à loger des bestiaux, l’exonération prévue au premier alinéa est subordonnée à la présence d’équipements permettant de limiter les effets des épisodes de fortes chaleurs sur les animaux.Un décret précise les critères permettant d’apprécier le respect de ces conditions. »
II. – Le I s’applique aux impositions établies à compter du 1er janvier 2028.
C'est la rédaction juridique déposée : elle s'écrit en référence aux alinéas du texte examiné, et ne se lit pas seule.
L'Assemblée ne publie pas le lien entre un scrutin et l'amendement voté. Celui-ci a été retrouvé par son numéro au sein du même dossier, puis vérifié sur le nom de son auteur.
27 pour, 115 contre
Et vous, comment auriez-vous voté ?
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Qui a voté quoi
| Groupe | Répartition | Pour | Contre | Abst. | Non-votants | Effectif |
|---|---|---|---|---|---|---|
| RNmajoritairement contre | 0 | 63 | 0 | 0 | 121 | |
| EPRen tête : contre (11 voix exprimées sur 90 membres) | 0 | 11 | 0 | 1 | 90 | |
| LFI-NFPen tête : pour (17 voix exprimées sur 70 membres) | 17 | 0 | 0 | 0 | 70 | |
| SOC | 3 | 1 | 3 | 0 | 68 | |
| DRen tête : contre (14 voix exprimées sur 47 membres) | 0 | 14 | 0 | 0 | 47 | |
| ECOSen tête : pour (7 voix exprimées sur 38 membres) | 7 | 0 | 0 | 0 | 38 | |
| DEMen tête : contre (7 voix exprimées sur 37 membres) | 0 | 7 | 0 | 1 | 37 | |
| HORen tête : contre (6 voix exprimées sur 35 membres) | 0 | 6 | 0 | 0 | 35 | |
| LIOTen tête : contre (3 voix exprimées sur 23 membres) | 0 | 3 | 0 | 0 | 23 | |
| GDRen tête : abstention (2 voix exprimées sur 17 membres) | 0 | 0 | 2 | 0 | 17 | |
| UDDPLRen tête : contre (7 voix exprimées sur 17 membres) | 0 | 7 | 0 | 0 | 17 | |
| NIen tête : contre (3 voix exprimées sur 11 membres) | 0 | 3 | 0 | 0 | 11 |
Élu par élu
| Député·e | Groupe | Circonscription | Vote |
|---|---|---|---|
| Peio Dufau | SOC | Pyrénées-Atlantiques, 6ᵉ circonscription | Abstention |
| Jérôme Guedj | SOC | Essonne, 6ᵉ circonscription | Abstentionpar délégation |
| Emmanuel Maurel | GDR | Val-d'Oise, 3ᵉ circonscription | Abstention |
| Jacques Oberti | SOC | Haute-Garonne, 10ᵉ circonscription | Abstention |
| Nicolas Sansu | GDR | Cher, 2ᵉ circonscription | Abstention |
5 député·e·s affiché·e·s sur les 149 que le compte rendu de ce scrutin mentionne. Un vote « par délégation » est exprimé par un collègue, conformément au règlement.
Mises au pointMise au point. Déclaration faite après un scrutin par un parlementaire estimant que son vote a été mal enregistré, ou qu'il aurait voulu voter autrement. Elle est publiée au Journal officiel mais ne modifie jamais le résultat. lexique →
Christophe Proença a déclaré après le scrutin avoir voulu voter abstention — son vote enregistré est « pour ».
Ces déclarations sont publiées par l'Assemblée mais ne modifient pas le résultat du scrutin. Elles ne sont donc comptées dans aucun des chiffres de cette page.
Sources de ce scrutin
Compte rendu officiel
Le scrutin tel que publié par Assemblée nationale, nom par nom.
assemblee-nationale.fr ↗Scrutin demandé par
Présidente du groupe "La France insoumise - Nouveau Front Populaire"
Identifiant
VTANR5L17V9579
Jeu de données « Scrutins » · AN:SCRUTINS
Un scrutin public n'est pas une loi : celui-ci peut porter sur un amendement, une motion ou l'ensemble d'un texte. La plupart des votes de l'Assemblée ont lieu à main levée et ne donnent lieu à aucun décompte nominatif.